Lana Del Rey France

Interview - Les inRockuptibles: Lana Del Rey côtoie les sommets

Adolescente, Lana Del Rey était une casse-cou. Elle s'en souvient sur Lust For Life, nouvel album où sa voix souveraine s'offre les plus grands écarts, d'une collaboration intense avec The Weeknd à une ballade paisible en compagnie de Sean Lennon.
 
Propso recueillis par JD Beauvallet
Photos par Molly Matalon
Pour Les inRockuptibles

J'ai brulé tous les ponts pour la musique

Tu n'avais rien sorti depuis Honeymoon, en 2015. Comment sais-tu ou sens-tu que tu es prête pour un nouvel album?
Lana Del Rey - Mon problème, ce n'est pas de commencer, c'est de m'arrêter. Même quand on est censé avoir fini l'album, je continue sur ma lancée, je veux toujours rajouter une chanson, puis une autre. S'il n'y avait pas le mixage pour m'accaparer en fin de parcours, je continuerais d'écrire. Par exemple, deux des chansons du nouvel album ont été composées alors que nous étions en train de finaliser le précédent. Je ne peux pas m'empêcher de travailler, j'adore être en studio, je m'y sens bien, chez moi. Ca fait cinq ans que j'utilise le même lieu, à Los Angeles, que je travaille avec la même équipe, dont le producteur Rick Nowels. Nous passons notre vie ici, en gang.
 
Tu ne connais donc jamais l'angoisse de la feuille blanche?
C'est une crainte qui m'accablait avant que je commence à enregistrer des vrais disques. C'était très présent à cette époque d'avant le succès, quand j'enregistrais pour le simple plaisir, quand j'écrivais seule chez moi. J'avais la certitude que l'inspiration allait me lâcher et ça arrivait régulièrement, j'étais incapable de composer pendant six mois parfois. Mais depuis dix ans, je trouve facilement l'inspiration - ou elle me trouve. J'ai appris à la stimuler. Notamment en refusant la solitude, en sortant avec des amis, en observant ce qui se passe, sans stress. J'utilise sans arrêt mon téléphone en mode dictaphone, j'y enregistre des bouts de mélodies, des phrases... C'est un peu effrayant, je dois avoir sept cens ébauches de chansons sur mon téléphone. Je sais d'expérience que si j'entends une mélodie dans ma tête, je dois courir vers mon téléphone pour la consigner, même en plein milieu de la nuit. Une bonne mélodie ne frappe jamais deux fois à votre porte. Si vous ne l'accueillez pas, elle ira sonner à une autre porte. Par exemple, pendant l'enregistrement d'Honeymoon, j'entendais régulièrement une mélodie dans ma tête, qui me torturait et que je n'arrivais pas à attraper. Ca sonnait comme une musique de la Renaissance... Il a fallu que je fredonne cette mélodie pendant des mois pour l'apprivoiser, elle est devenue Terrence Loves You [elle chante longuement]...
 
Adolescente, tu avais la réputation d'être une casse-cou. Ca s'exprime comment aujourd'hui?
Mes défis ne sont plus physiques, je prends les risques ailleurs. A 18 ans, je conduisais comme une dingue, je partais en virée sans dormir pendant des jours et des nuits. J'étais plus libre, plus spontanée, je me souciais peu des conséquences... J'ai aujourd'hui plus de responsabilités, envers mes proches, mes partenaires... Je suis obligée de montrer l'exemple, d'arriver à l'heure, le bon jour... J'avais dans le passé suffisamment de boulot avec moi-même, pour juste me maintenir en vie, avant de trouver le temps de m'occuper des autres. Là où je prends des risques en 2017, c'est au niveau des mélodies, de mes choix musicaux. Mais je suis un peu passée de casse-cou à nerd [rires]...
 
Qu'entends-tu par risques musicaux?
Faire cohabiter sur le même album des chansons comme le très complexe Lust For Life avec le désertique Yosemite, ce n'est pas très raisonnable. On a essayé de m'en dissuader, on m'a dit que les contrastes étaient trop extrêmes, mais j'aimais trop ces deux chansons pour exclure l'une à cause de l'autre. Ce sont des chansons dans lesquelles j'habite, plus que ça, même: ce sont des expériences.

Je connais des gens qui peuvent converser avec l'au-delà. Ma musique, elle, est en relation avec des fantômes. Mais pas moi.

Es-tu devenue plus patiente au fil des ans?
Je le suis devenue. Je m'accorde beaucoup plus de temps aujourd'hui. Je peux venir en studio à n'importe quelle heure, je n'ai plus du tout à subir la pression d'une deadline. Du coup, je me suis un peu laissée aller sur la chanson Lust For Life... On a bossé dessus plusieurs jours par semaine pendant un an et demi. Elle est passée par toutes les étapes. Elle a commencé dans une veine futuriste et sombre à la Blade Runner. Puis j'ai décidé de la rendre plus radieuse, à la Sngri-Las... Au bout de plusieurs mois, Abel (Tesfaye, aka The Weeknd - ndlr) nous a rejoints pour y rajouter sa patte. Cette chanson est devenue mon bébé, un bébé ingérable et maléfique qui m'a rendue folle. J'ai vite compris que l'album sonnerait du coup comme un trip, un mix.
 
Travailler avec The Weeknd, ça t'a enseigné de nouvelles méthodes en studio?
J'ai encore une fois appris, j'adore jouer avec les boutons, les réverbes, je me sens de plus en plus à l'aise de l'autre côté de la vitre en studio. Je peux passer des heures sur un son, ça me captive. Plus je passe de temps à la console en studio, moins ça me semble du travail; c'est joyeux, excitant. Du coup, j'ai même lu des revues techniques, une vraie geek [rires]... Techniquement, aujourd'hui, je serais capable de produire pour d'autres artistes. La vraie question est: est-ce que je le veux? Souvent, quand je jamme avec mes potes, j'entends dans ma tête comment je pourrais faire sonner ça en studio. C'est peut-être mon avenir. Il y a un sérieux manque de productrices dans le monde de la musique!
 
Tes deux derniers albums, Ultraviolence et Honeymoon, étaient marqués par la West Coast, où tu venais de déménager. Qu'en est-il de Lust For Life?
Quatre chansons de l'album font encore référence à Los Angeles, même si l'humeur et l'esthétique ne sont pas du tout West Coast. J'ai tenu à m'éloigner de cette atmosphère floue, rêveuse. Des chansons comme Tomorrow Never Came et Yosemite relèvent du folk seventies, et si je dois un jour conceptualiser un album, ça sera autour du thème du légendaire Laurel Canyon, de ce son particulier.
 
Une des chansons fortes de l'album s'intitule God Bless America. Tu te sens comment aux Etats-Unis aujourd'hui?
Autour de moi, dans les milieux artistiques, on partage tous le même sentiment d'incertitude, de crainte, face au ton et au discours qui surgissent. Les femmes en particulier, le sujet de cette chanson, sont les plus affectées, les plus visées par l'arrivée de Trump. J'avais écrit cette chanson avant le début des grandes marches, qui me semblaient inéluctables. Cette rhétorique haineuse n'est pas digne d'un chef d'Etat. Le lendemain des élections a été l'un des jours les plus durs de ma vie. Je suis quand même venue en studio, pour en parler avec les autres. Depuis des mois, on ne parlait que de ça, de ce qui allait nous arriver, en profondeur. on lisait tout, je voulais être informée, et voir si je pouvais apporter quoi que ce soit. Je n'ai malheureusement que ma force de conviction à offrir.

Mes chansons ont trop souvent été des catharsis en direct. Je n'en pouvais plus de chanter "moi, moi, moi". Il m'a juste fallu dix ans pour y parvenir

Tu as tweeté des recettes de sorcellerie pour se débarrasser de Trump...
C'était une plaisanterie. J'avais lu que des sorcières du monde entier tentaient de se fédérer à des dates et heures précises pour jeter un sort à Trump, je l'ai juste relayé. Mais ce qui est vrai, c'est que mes nouvelles vidéos comportent des références à la magie, aux sciences occultes. Avec leur côté le plus enjoué, le moins sombre. Je connais des gens qui peuvent converser avec l'au-delà. Ma musique, elle, est en relation avec des fantômes. Mais pas moi.
 
Tu es récemment remontée sur scène, au festival South by Southwest. En avais-tu besoin après ces deux ans de studio?
J'ai joué une heure, ça m'a fait du bien. Je me sens nettement plus à l'aise dans un petit bar du Texas, comme ce jour-là, que sur la scène d'un stade. C'était le meilleur moyen de remettre la main à la pâte, de me sortir de force du studio. Pour la première fois depuis longtemps, j'ai joué de la guitare, sur Yayo. C'était une de mes premières chansons, composée à la guitare avant même que je ne devienne Lana Del Rey [elle l'avait publiée, sans succès, sous le nom de Lizzy Grant en 2008 - ndlr). C'est un morceau très chargé en émotions pour moi, il me replonge dans cette période, me renvoie ce que j'imaginais, ce que je ressentais alors. J'avais 20 ans, c'était une période géniale de ma vie, je découvrais les gens, l'amour, New York... En même temps, j'étudiais la philosophie à l'université mais dans ma tête, c'était réglé: je serais chanteuse. Suivant religieusement les conseils du livre Réfléchissez et devenez riche de Napoleon Hill, j'ai brûlé tous les ponts pour m'engouffrer dans la musique. Déjà, en faisant de la philo, je ne m'offrais que peu de possibilités de carrière [sourire]... Mais ça m'a permis de me poser beaucoup, auxquelles je n'ai trouvé aucune réponse. Si ce n'est de fréquenter les gens qui se posent les bonnes questions, avec qui vous êtes sur la même longueur d'onde. Le philosophe Josiah Royce parlait de ces communautés d'esprit, de leur importance fondamentale pour votre épanouissement. Ce sont les fans de musique qui m'ont accueillie, dans les cafés de New York.
 
Qui t'a enseigné la guitare?
J'étais obsédée par la musique, par le chant, mais j'étais très limitée pour aller plus loin, car je ne jouais d'aucun instrument. Avant l'université, j'ai pris une année sabbatique et je suis venue me remettre sur pied chez ma tante et mon oncle Tim, à Cold Spring Harbor, un village de Long Island. Tim en a profité pour m'enseigner sept accords de guitare. Il possédait une voix merveilleuse, à la James Taylor, mais il bossait à Wall Street. Tout le monde lui disait qu'il avait gâché son don. Grâce à lui et à ses cours sur la guitare à cordes Nylon, j'avais enfin un plan dans la vie. Il m'a fourni la liberté... Du coup, un soir par semaine, j'allais dans l'East Village ou à Brooklyn jouer dans des cafés, des open-mics, au Sidewalks Café, au Lay Lo Lounge... Sans la moindre idée de ce que je faisais, je jouais une de mes chansons en public. C'était souvent Yayo ou une reprise de Buckets Of Rain de Bob Dylan [elle chante à tue-tête]... J'avais enfin une excuse pour monter sur scène, pour dire: "Ecoutez-moi."
 
Etais-tu une élève disciplinée pour ton oncle?
J'étais très assidue et disciplinée et pourtant, je n'ai jamais vraiment progressé [rires]... C'est tellement frustrant pour moi, ça m'était déjà arrivé gamine avec le piano. J'ai fait tellement d'efforts... Mais je n'avais visiblement aucun talent.
 
Tu avais déjà ta voix?
J'avais une de mes voix, la plus grave. Le chant le plus aigu, je suis encore en train de travailler dessus. Par exemple, sur Yosemite, je chante parfois d'une voix très perchée, que je n'avais pas entendue depuis des années. J'avais très peur de laisser ce passage, qu'on trouve ma voix trop fragile, qu'elle révèle trop de moi... Sur Honeymoon, j'avais changé la clé de quatre chansons, car je les trouvais trop aiguës et ça m'aurait forcée à trop me mettre en vulnérabilité. Désormais, comme je maitrise ma voix, je peux l'emmener où je veux, ça offre une immense liberté. Ce concert à South by Southwest a vraiment été une révélation pour moi, il m'a permis de me poser ces questions: "Quelle genre de chanteuse je suis? A quelle famille j'appartiens? Ai-je le droit de prendre des risques vocalement sur scène?" C'est là, sur cette scène du Texas, que j'ai réalisé que mes racines étaient le songwriting pur, le storytelling. A ma petite échelle, je me suis sentie en connexion avec Joan Baez, avec son goût du risque. Pour la première fois peut-être, je ne prends plus en compte ce qu'on pourrait attendre de moi. Mes chansons ont trop souvent été des catharsis en direct... Je n'en pouvais plus de chanter "moi, moi, moi"... Il m'a juste fallu dix ans pour y parvenir [rires]...

J'ai l'impression d'être enfin plus connectée au monde. C'est rassurant. J'arrive à analyser ma vie avec détachement désormais.

Comment vis-tu le commerce de ta musique?
J'ai une confiance absolue à mon équipe, qui m'a toujours protégée de ce qui me mettait mal à l'aise. Mais au regard de mes débuts, d'où je venais, j'ai longtemps vécu le marketing comme un sacrilège. Mais je suis plus décontractée aujourd'hui. Par exemple, même si ce sourire en coin est ironique, je n'aurais encore jamais, il y a quelques années, souri aussi ouvertement que sur la vidéo de Love... Ce sourire, c'est un mélange de joie sincère, de soulagement... et d'ironie.
 
Ta musique est idéale pour "cruiser" en voiture. As-tu des souvenirs de longs voyages en famille et de la musique qui allait avec?
Mon père écoutait constamment les Beach Boys dans la voiture. A tel point qu'il portait toujours une chemise hawaïenne, même en décembre! Quand j'étais toute petite, mes parents ont quitté New York pour vivre dans les montagnes des Adirondacks, à six heures au nord de la ville. Deux fois par an, on faisait le long voyage vers la Floride, trois jours de voiture. Moi qui haïssais le froid des Adirondacks, j'adorais ce voyage, il est ancré en moi. J'adorais la chaleur qui arrivait peu à peu en traversant les deux Etats de Caroline. Je me revois, blottie à l'arrière avec ma petite soeur, je rêvais de tout ce qu'on ferait ensemble une fois arrivées en Floride. Je revisualise même les restos accolés aux stations-services, les serveuses si chaleureuses... Une fois arrivés, pendant des semaines, je ne sortais pas de l'océan.
 
Tu conduis aujourd'hui?
Comme je ne peux pas me fondre facilement dans la foule, je ne vais pas aux manifs des femmes anti-Trump. Mais je fais le taxi pour ma soeur, qui n'en manque pas une. Je conduis une Jaguar Sedan toute amochée. Une voiture de mère de famille aisée, pas forcément très sexy [rires]... La prochaine sera peut-être une Tesla. J'ai eu la chance de rencontrer l'un des fondateurs de la marque, Elon Musk. Avec ma soeur, il nous a fait visiter le siège de SpaceX, j'ai même touché une de ses fusées... Mais pour faire un vol dans l'espace, j'attendrai qu'Elon soit à bord - la preuve formelle que sa technologie est sûre! Je suis surexcitée par ce qu'il nous reste à découvrir.
 
En parlant de créatures venues d'une autre planète, tu as récemment collaboré avec Alex Turner et Miles Kane des Last Shadow Puppets...
[Elle éclate de rire et tape dans ses mains] Ils sont vraiment hilarants, c'est dingue. Ils n'habitent pas loin de chez moi, à Los Angemes. J'ai commencé à traîner deux soirs par semaine dans le studio de Miles dans le quartier de Los Feliz, à jouer sans but avec les Last Shadow Puppets. Puis on va dîner ensemble avec leurs copines à La Poubelle. Quelle équipe! Je ne compte plus le nombre de fois où j'ai fini par terre tellement je riais. Ils sont capables de ne se parler qu'en chantant, en improvisant des paroles. Par exemple, l'autre soir, je racontais à Miles le concert de Joan Baez que je venais de voir. Il n'avait jamais entendu parler d'elle. Alex l'a bien charrié et en a fait une chanson: "Miles doesn't know who Joan Baez is" [elle hurle]... Personne n'est jamais à l'abri des vannes avec eux et leur humour tordu. Quand je les ai rencontrés, j'ai enfin eu l'impression de rencontrer des musiciens qui ne vivent que pour la musique, ne pensent qu'à elle. Chanter avec eux est tellement revigorant, il n'y a même pas besoin de répéter, ils se trouvent immédiatement.
 
Avec Miles Kane, tu peux parler de ta passion pour le Liverpool FC?
Je pense que mon manager Ben me couperait la tête si je ne revendiquais pas mon attachement à son club adoré de Liverpool! Chaque match est pour lui une question de vie ou de mort. Il m'a emmenée au stade d'Anfield, je me suis tellement amusée ce jour-là...
 
Tu nous disais il y a quelques années que tu passais "beaucoup de temps dans (ta) tête". Est-ce toujours le cas?
Je me suis ouverte aux autres. Mais la plupart du temps, je dialogue avec moi-même. Pourtant, je me sens moins à part, moins différente des autres aujourd'hui. J'ai l'impression d'être enfin plus connectée au monde. C'est rassurant. J'arrive à analyser ma vie depuis l'adolescence avec suffisamment de détachement désormais.
 
Tu portes toujours sur ta main le tatouage "Trust no one" (ne fais confiance à personne)?
[Elle le montre] Il est toujours là mais je songe à me le faire enlever. Uniquement parce qu'il est très identifié désormais et je n'aspire qu'à me fondre dans la masse. Mais ce n'est qu'une question de forme. Sur le fond, je pense toujours la même chose.
 

 

album Lust For Life (Polydor/Universal),
sortie le 21 juillet

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Elo 07/07/2017 18:29

Par contre l'oncle qui bossait a Wall Street pour le coup trahi son passé de "pauvre" qu'elle essayait de cacher... Mais bon c'est qu'une futilité faut bien mentir parfois.

Elo 07/07/2017 20:53

Il y a quelques années a ses débuts je me souviens avoir vu une vieille video d'une demo de National Anthem ou elle était dans un hotel luxueux du Nevada... Après j'ai compris qu'elle venait d'une famille aisée.
Oui Lana en elle meme a commencé tout en bas, j'avais trouvé courageux.
J'ai peut être confondu elle et sa famille, c'est vrai qu'elle n'en parlait pas beaucoup.
Après si toutes les filles de faisait de la musique aussi énorme qu'elle...
Le talent n'a pas de couleur ni de richesse.

LDR FRANCE 07/07/2017 20:01

Elle vient d'une famille assez aisée, et elle ne l'a jamais caché. Elle, elle était assez pauvre. Elle vivait dans une caravane, etc. C'était un style de vie qu'elle avait choisi et elle ne voulait pas être aidée par ses parents, sa famille. Mais elle n'a en aucun cas caché que sa famille était assez aisée.

- M., de la Team LDR FRANCE

Elo 07/07/2017 18:02

Punaise, si Lana produit des artistes olala :)

Merci pour cette interview! Très intéressante.

Julien 07/07/2017 00:41

Je suis bien content d'avoir la confirmation que le sourire de Love était en partie ironique :D